Réforme des retraites : ce qui s'applique en 2026

Trois ans après la loi du 14 avril 2023, état complet de la réforme : âge légal, trimestres, carrière longue, pénibilité, surcote parentale, minimum contributif.

Retraite Publié le 20 février 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 12 min de lecture
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La loi du 14 avril 2023 portant réforme des retraites est entrée en vigueur le 1er septembre 2023. Trois ans plus tard, en 2026, elle a déjà commencé à modifier le parcours de centaines de milliers de futurs retraités. Voici un état complet de ce qui s’applique aujourd’hui : âge légal, durée d’assurance, carrière longue, pénibilité, minimum contributif, et les ajustements introduits depuis 2024.

L’âge légal de départ : 64 ans pour les générations 1968 et suivantes

L’âge légal — c’est-à-dire l’âge à partir duquel vous pouvez liquider votre retraite, à condition d’avoir cotisé suffisamment — est relevé progressivement de 62 ans à 64 ans, à raison de 3 mois supplémentaires par génération :

Année de naissanceÂge légal
Avant le 1er septembre 196162 ans
1er septembre au 31 décembre 196162 ans et 3 mois
196262 ans et 6 mois
196362 ans et 9 mois
196463 ans
196563 ans et 3 mois
196663 ans et 6 mois
196763 ans et 9 mois
1968 et après64 ans

Si vous n’avez pas atteint la durée d’assurance requise à l’âge légal, votre retraite est calculée avec une décote (réduction définitive). Vous pouvez attendre l’âge du taux plein automatique, fixé à 67 ans pour toutes les générations actuelles, où la décote ne s’applique plus, même sans avoir tous les trimestres.

La durée d’assurance : 172 trimestres

La durée d’assurance requise — c’est-à-dire le nombre de trimestres pour bénéficier du taux plein (50 % du salaire annuel moyen, sans décote) — passe progressivement à 172 trimestres (soit 43 ans), à raison d’un trimestre supplémentaire par génération :

Année de naissanceTrimestres requis
1961 (à partir du 1er septembre)169
1962169
1963170
1964171
1965172
1966172
1973 et après172 (de manière définitive)

Pour les générations nées avant 1965, l’évolution suit un calendrier croisé entre l’âge légal et la durée d’assurance. Le simulateur officiel d’Info Retraite calcule précisément votre situation.

Carrière longue : départ anticipé possible

Si vous avez commencé à travailler tôt, la carrière longue vous permet de partir avant l’âge légal, sous conditions strictes :

Début d’activité (avant)Âge possibleTrimestres requis
16 ans58 ansDurée requise pour le taux plein
18 ans60 ansDurée requise + 1 trimestre
20 ans62 ansDurée requise + 1 trimestre
21 ans63 ansDurée requise + 1 trimestre

Pour bénéficier de ce dispositif, il faut avoir validé un nombre minimum de trimestres avant ces âges (généralement 4 ou 5 trimestres avant la fin de l’année des 16/18/20/21 ans). Les périodes de chômage indemnisé, de maternité, de service militaire comptent dans certaines limites.

La pénibilité : compte professionnel de prévention (C2P)

Le compte professionnel de prévention (C2P) attribue des points aux salariés exposés à des facteurs de risque professionnel : travail de nuit, équipes alternantes, températures extrêmes, bruit, vibrations mécaniques, postures pénibles. Ces points permettent :

  • Une formation professionnelle pour évoluer ;
  • Un passage à temps partiel en fin de carrière sans perte de rémunération ;
  • Un départ anticipé à la retraite : jusqu’à 2 ans avant l’âge légal.

La réforme 2023 a élargi l’accès au C2P et facilité son utilisation. Les agents publics ont accès à un dispositif spécifique de compte « pénibilité » selon leur statut.

La surcote parentale

Mesure introduite par la réforme : un bonus pour les parents qui ont éduqué un ou plusieurs enfants. Concrètement, si vous remplissez les conditions pour partir au taux plein à l’âge légal mais que vous continuez à travailler, vous bénéficiez d’une surcote majorée de 5 % par enfant pour les trimestres travaillés au-delà de l’âge légal. Le dispositif s’applique au régime général et à la fonction publique.

Le minimum contributif (Mico)

Le minimum contributif garantit un montant minimum de retraite aux personnes ayant cotisé toute leur carrière mais avec de faibles salaires. La réforme 2023 a revalorisé le Mico :

  • Il atteint désormais environ 1 200 € bruts par mois pour une carrière complète au SMIC ;
  • L’attribution est conditionnée à 120 trimestres cotisés et à des plafonds de pensions globales.

Ce minimum s’ajuste annuellement avec le SMIC et l’inflation. Vérifiez les valeurs exactes 2026 sur lassuranceretraite.fr.

Et la réversion ?

La pension de réversion est versée au conjoint survivant lors du décès de l’assuré. Conditions principales :

  • Avoir été marié (pas de réversion pour les Pacs ou concubinages) ;
  • Plafond de ressources : 24 624 € annuels pour une personne seule, 39 398 € pour un couple (valeurs 2025, à revaloriser en 2026) ;
  • Avoir au moins 55 ans dans le régime général.

Le montant est de 54 % de la pension que touchait (ou aurait touchée) le défunt. Le calcul est plus complexe dans la fonction publique (taux de 50 %, pas de plafond de ressources) et dans les régimes complémentaires.

La retraite complémentaire Agirc-Arrco

Pour les salariés du privé, le régime de base (CNAV) est complété par le régime Agirc-Arrco, géré par les partenaires sociaux. Ce régime fonctionne par points : chaque cotisation génère des points qui, multipliés par la valeur du point à la liquidation, donnent la pension annuelle complémentaire.

Depuis la réforme 2023, le malus temporaire de 10 % appliqué pendant 3 ans aux salariés qui liquidaient leur retraite avant 63 ans a été supprimé : la coordination avec l’âge légal du régime général a été renforcée, et le malus n’a plus lieu d’être. En 2024, le malus a été restitué aux retraités qui l’avaient subi entre 2019 et 2023.

Comment préparer sa retraite

À 35 ans : vérifier son relevé de carrière

Sur info-retraite.fr, créez votre compte et consultez votre relevé individuel de situation (RIS). Vous y trouverez l’ensemble de vos trimestres validés, tous régimes confondus. Vérifiez chaque période : il n’est pas rare d’y trouver des erreurs (oubli d’une période d’apprentissage, d’un stage, d’un service civique).

À 55 ans : Estimation Indicative Globale

À partir de 55 ans, vous recevez tous les 5 ans une Estimation Indicative Globale (EIG) qui projette le montant probable de votre future retraite selon plusieurs scénarios de départ.

À 60 ans : entretien information retraite (EIR)

À partir de 60 ans, vous pouvez demander un entretien individuel gratuit avec votre caisse pour préciser vos options.

6 mois avant le départ

Vous devez déposer votre demande de retraite 6 mois avant la date souhaitée, sur info-retraite.fr (demande unique inter-régimes). Le service consolide les demandes auprès de tous vos régimes.

Questions fréquentes

Si je continue à travailler après l’âge légal, est-ce intéressant ?

Oui, sous deux conditions. Premièrement, vous générez une surcote : 1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé au-delà de l’âge légal si vous avez tous les trimestres requis. Deuxièmement, vos cotisations continuent à générer des points complémentaires Agirc-Arrco. Mais attention : passé l’âge du taux plein automatique (67 ans), il n’y a plus de décote — continuer ne crée plus que la surcote, à arbitrer.

Peut-on cumuler emploi et retraite ?

Oui. Le cumul emploi-retraite est autorisé sans plafond si vous avez liquidé votre retraite à taux plein. Depuis la réforme 2023, les cotisations versées pendant la période de cumul génèrent des droits supplémentaires, ce qui n’était pas le cas avant (à liquider dans une seconde retraite).

Et la « retraite progressive » ?

Vous pouvez réduire votre temps de travail (entre 40 % et 80 %) à partir de 2 ans avant l’âge légal (soit 62 ans pour les générations 1968+) et toucher une fraction de votre retraite proportionnelle. Vos cotisations continuent à générer des droits qui seront pris en compte à la liquidation définitive.

Réforme 2023 et fonction publique

Les agents publics sont soumis aux mêmes principes (âge légal 64, 172 trimestres) mais avec des particularités : prise en compte des 6 derniers mois de traitement (et non des 25 meilleures années), bonifications pour les militaires et certaines catégories actives. Renseignez-vous auprès de votre service RH ou sur retraitesdeletat.gouv.fr.

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