Rachat de trimestres : VPLR et années d'études

Comment racheter des trimestres pour la retraite : rachat des années d'études (VPLR), des années incomplètes, coût, option taux seul ou taux et durée, exemple chiffré.

Retraite Publié le 1 mars 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 11 min de lecture
À titre informatif. Les informations fournies sur cette page sont à titre d'orientation et ne se substituent pas à un conseil personnalisé d'un agent CAF, France Travail ou de l'Assurance Maladie. Pour toute démarche officielle, contactez votre caisse.

Acheter des trimestres pour partir plus tôt ou augmenter sa pension : c’est possible grâce au dispositif de versement pour la retraite (VPLR), plus connu sous le nom de « rachat de trimestres ». Très utilisé par les cadres ayant fait des études longues, ce mécanisme permet de combler les vides de carrière pour atteindre le taux plein. Mais à quel prix ? Et dans quel cas est-ce intéressant ? Voici un guide complet sur les conditions, le coût et la rentabilité du rachat de trimestres en 2026.

Le principe du VPLR

Le versement pour la retraite (article L. 351-14-1 du Code de la sécurité sociale) permet à un assuré de racheter, à un coût défini, jusqu’à 12 trimestres au titre :

  • Des années d’études supérieures (post-bac) ayant donné lieu à un diplôme reconnu (BTS, DUT, licence, master, école d’ingénieur, écoles de commerce, médecine, etc.) ;
  • Des années incomplètes, c’est-à-dire celles où vous avez validé moins de 4 trimestres dans l’année (souvent les débuts de carrière, intérim, mi-temps subi).

Le rachat augmente le nombre de trimestres cotisés pris en compte pour le calcul de votre pension : il peut vous permettre d’atteindre le taux plein, d’éviter une décote, et d’accéder à la carrière longue.

Les deux options : taux seul / taux et durée

Au moment de racheter, vous devez choisir entre deux options qui ont un effet et un coût très différents :

Option 1 : « Taux seul » (rachat pour le taux uniquement)

Le trimestre racheté n’est pris en compte que pour le calcul du taux de votre pension. Il vous évite la décote, mais n’augmente pas votre durée d’assurance pour le calcul du montant.

Coût en 2026 (CNAV) : entre environ 1 100 € et 4 200 € par trimestre selon votre âge et vos revenus.

Option 2 : « Taux et durée » (rachat complet)

Le trimestre est pris en compte et pour le taux et pour la durée d’assurance. Il augmente le montant de votre pension (en montant le coefficient de proratisation).

Coût en 2026 : entre environ 1 600 € et 6 250 € par trimestre selon votre âge et vos revenus.

OptionEffet sur la pensionCoût indicatif 2026
Taux seulÉvite la décote1 100 € à 4 200 €
Taux et duréeÉvite la décote + augmente la durée1 600 € à 6 250 €

Le coût exact dépend de votre âge au moment du rachat et de vos revenus moyens des 3 dernières années. Plus vous êtes jeune et faibles vos revenus, moins le rachat coûte cher.

Conditions pour racheter au titre des études

Vous devez :

  • Avoir été étudiant dans un établissement d’enseignement supérieur reconnu par l’État ;
  • Avoir obtenu un diplôme (la simple inscription ne suffit pas) ;
  • Effectuer la demande avant la liquidation de votre retraite ;
  • Ne pas avoir déjà racheté 12 trimestres maximum.

Sont éligibles : facultés (médecine, droit, lettres, etc.), grandes écoles, IUT, BTS, classes préparatoires (avec une école intégrée), écoles d’art, écoles paramédicales agréées. Ne sont pas éligibles : redoublements, stages non rémunérés ailleurs qu’en cursus officiel.

Le rachat à tarif réduit pour les jeunes actifs

Pour encourager le rachat précoce, un dispositif à tarif préférentiel est ouvert aux personnes de moins de 40 ans, sous conditions :

  • Demande effectuée dans les 10 ans suivant la fin des études ;
  • Réduction d’environ 670 € par trimestre racheté (à actualiser sur lassuranceretraite.fr).

Ce tarif réduit rend l’opération bien plus rentable pour les jeunes cadres, mais il faut anticiper.

Exemple chiffré : rachat à 45 ans

Sophie, 45 ans, cadre supérieure, revenus annuels de 60 000 € bruts. Elle a obtenu un master à 24 ans (5 années d’études supérieures, soit 4 trimestres × 5 = 20 trimestres en théorie, mais elle ne peut racheter que 12 maximum).

Elle décide de racheter 4 trimestres au titre de ses années d’études en option « taux et durée » :

  • Coût unitaire à 45 ans avec ses revenus : environ 5 800 € par trimestre ;
  • Coût total : 4 × 5 800 € = 23 200 €.

Effet sur sa pension

Sans rachat, à 64 ans avec 168 trimestres validés (4 manquants), elle subit :

  • Une décote de 5 % (4 trimestres × 1,25 %) ;
  • Un coefficient de proratisation de 168/172.

Pension brute estimée : 2 700 €/mois.

Avec rachat (172 trimestres) : taux plein, pas de décote, coefficient 172/172. Pension brute estimée : 2 950 €/mois, soit un gain de 250 €/mois, ou 3 000 €/an.

Délai de rentabilité

Coût : 23 200 € | Gain annuel : 3 000 € → 8 ans pour rembourser l’investissement.

Au-delà de 72 ans (8 ans après son départ à 64), Sophie gagne réellement de l’argent. Avec une espérance de vie de 88-90 ans pour les femmes cadres, l’opération est rentable.

La déductibilité fiscale : un argument majeur

Le rachat est déductible du revenu imposable sans plafond, dans la catégorie « cotisations sociales » ou « pensions ». Pour une personne dans la tranche à 41 %, un rachat de 23 200 € engendre une économie d’impôt de 9 512 €, ramenant le coût net à 13 688 €.

C’est pourquoi le rachat est particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés.

La modalité de paiement

Vous pouvez payer le rachat :

  • En une seule fois ;
  • Échelonné sur 1, 3 ou 5 ans selon le nombre de trimestres rachetés (sans intérêts).

Le paiement est effectué auprès de la CARSAT de votre région (ou CNAV pour l’Île-de-France).

Rachat et carrière longue

Le rachat peut être pris en compte pour la carrière longue, mais uniquement dans la limite de 4 trimestres (et au titre des années incomplètes seulement, pas des études dans la plupart des cas).

C’est une limitation importante introduite pour éviter que des cadres ayant peu cotisé tôt « achètent » leur entrée dans le dispositif carrière longue.

Quand racheter : tôt ou tard ?

ÂgeCoûtAvantagesInconvénients
Avant 40 ansTarif réduitÉconomie possible, étalement longRevenus parfois insuffisants
40-55 ansTarif intermédiaireVisibilité sur la fin de carrièreCoût plus élevé
55-60 ansTarif maximalDécision éclairée, options clairesCoût parfois prohibitif

Règle générale : il est presque toujours plus rentable de racheter tôt, à un tarif moins élevé, mais à condition d’être certain de ses projets de carrière.

Alternatives au rachat

Avant de racheter, examinez les alternatives :

  1. Continuer à travailler : un trimestre cotisé coûte environ 0 € (vous touchez un salaire). Si vous pouvez prolonger d’1 an, vous gagnez 4 trimestres sans débourser.
  2. Vérifier votre relevé de carrière : un trimestre oublié vaut 0 € à corriger.
  3. Bénéficier des trimestres assimilés : chômage, maternité, service civique offrent des trimestres gratuits.
  4. Surcote : continuer après l’âge légal majore la pension de 1,25 % par trimestre.

Erreurs courantes à éviter

  1. Racheter trop tard : au-delà de 55-60 ans, le coût devient prohibitif (jusqu’à 6 250 €/trimestre).
  2. Choisir « taux et durée » sans en avoir besoin : si vous avez tous vos trimestres pour le taux, mais qu’il vous en manque pour le coefficient de proratisation, prenez « taux et durée » ; sinon, « taux seul » suffit.
  3. Racheter pour la carrière longue : ce dispositif limite fortement la prise en compte des trimestres rachetés. Vérifiez auprès de votre CARSAT avant.
  4. Oublier la déductibilité fiscale : pour un contribuable peu imposé, le rachat est moins rentable.
  5. Ne pas faire de simulation : utilisez le simulateur officiel d’info-retraite.fr avant toute décision.

Questions fréquentes

Combien de trimestres puis-je racheter au total ?

Au maximum 12 trimestres au titre des études supérieures. Pas de limite spécifique pour les années incomplètes, mais le rachat total ne peut excéder le nécessaire pour atteindre 4 trimestres par année incomplète.

Le rachat est-il possible pour les fonctionnaires ?

Oui, dans la fonction publique, un dispositif similaire existe au titre des études supérieures. Le calcul du coût et les options sont propres au régime des fonctionnaires (SRE, CNRACL).

Et pour les indépendants ?

Les artisans, commerçants et professions libérales relèvent de leur propre régime (SSI, CNAVPL) et peuvent également racheter, selon des règles proches du régime général.

Puis-je racheter si je n’ai pas validé tous mes trimestres pour le diplôme ?

Non, l’obtention du diplôme est une condition. Toutefois, vous pouvez racheter pour des années incomplètes, sans condition de diplôme.

Le rachat est-il remboursable si je change d’avis ?

En principe, non. Le versement est définitif. Toutefois, dans certains cas particuliers (erreur administrative, modification du contexte personnel grave), une demande gracieuse peut être déposée. Réfléchissez bien avant de signer.

Guides liés