Pension de réversion 2026 : conditions et calcul

Conditions d'attribution, plafonds de ressources, taux et démarches de la pension de réversion en 2026 dans le régime général, l'Agirc-Arrco et la fonction publique.

Retraite Publié le 22 février 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 11 min de lecture
À titre informatif. Les informations fournies sur cette page sont à titre d'orientation et ne se substituent pas à un conseil personnalisé d'un agent CAF, France Travail ou de l'Assurance Maladie. Pour toute démarche officielle, contactez votre caisse.

La pension de réversion est une fraction de la retraite dont bénéficiait — ou aurait pu bénéficier — un assuré décédé, reversée à son conjoint survivant. Indispensable pour de nombreux veufs et veuves, elle obéit à des règles variables selon les régimes : taux, plafonds de ressources, âge minimum. En 2026, près de 4,4 millions de personnes perçoivent une pension de réversion en France. Ce guide vous présente les conditions exactes dans le régime général, dans la complémentaire Agirc-Arrco et dans la fonction publique, ainsi que les démarches à entreprendre.

Le principe de la réversion

La pension de réversion vise à compenser, pour le conjoint survivant, la perte des revenus du défunt. Elle n’est jamais automatique : il faut en faire la demande auprès de chacun des régimes auxquels le défunt a cotisé. Les règles diffèrent selon que vous relevez du régime général (salariés du privé, indépendants), de la complémentaire Agirc-Arrco, de la fonction publique ou d’un régime spécial.

Un point essentiel commun à tous les régimes : seuls les conjoints mariés ou ex-conjoints divorcés non remariés peuvent prétendre à la réversion. Le PACS et le concubinage n’ouvrent aucun droit, malgré les évolutions successives du droit familial.

Régime général : 54 % de la pension du défunt

Dans le régime général (CNAV), la pension de réversion est égale à 54 % de la retraite dont bénéficiait — ou aurait pu bénéficier — l’assuré décédé. Trois conditions cumulatives doivent être remplies :

ConditionDétail
MariageAvoir été marié avec le défunt (durée minimale supprimée depuis 2004)
Âge minimum55 ans révolus à la date de la demande
RessourcesPlafond annuel : 24 624 € seul / 39 398 € couple (valeurs 2025)

Le plafond de ressources est apprécié sur les 3 derniers mois précédant la demande (ou sur les 12 mois si plus avantageux). Sont prises en compte : pensions, revenus d’activité, revenus du patrimoine. Sont exclus : pension de réversion complémentaire, biens propres reçus en succession du défunt, allocations logement.

Si vos ressources dépassent légèrement le plafond, la pension est réduite d’autant pour ne pas dépasser le plafond — elle n’est pas supprimée intégralement.

Le partage entre plusieurs ex-conjoints

Si le défunt a été marié plusieurs fois, la pension de réversion est partagée au prorata de la durée de chaque mariage. Chaque ex-conjoint non remarié peut prétendre à sa quote-part, sous réserve de remplir les conditions d’âge et de ressources.

Exemple : un homme s’est marié 15 ans avec sa première épouse, puis 25 ans avec la seconde. À son décès, la première touche 15/40 × 54 % de la pension, la seconde touche 25/40 × 54 %.

Le remariage du survivant n’éteint pas le droit à réversion dans le régime général (contrairement à certains régimes spéciaux).

Régime Agirc-Arrco : 60 % sans condition de ressources

Pour la retraite complémentaire des salariés du privé, le taux de réversion est de 60 % des points Agirc-Arrco du défunt. Il n’y a pas de condition de ressources, contrairement au régime général. En revanche :

  • L’âge minimum est de 55 ans ;
  • Avant 55 ans, la réversion peut être attribuée si le conjoint survivant a au moins 2 enfants à charge ou est invalide ;
  • Le remariage du survivant supprime le droit à réversion Agirc-Arrco.

La majoration pour enfants à charge ajoute 5 % du montant par enfant de moins de 18 ans (ou de moins de 25 ans si étudiant).

Fonction publique : 50 % sans plafond de ressources

Pour les fonctionnaires civils et militaires de l’État, des collectivités territoriales et de la fonction publique hospitalière, le taux de réversion est de 50 % de la pension du défunt. Particularités :

ÉlémentRégime généralFonction publique
Taux54 %50 %
Âge minimum55 ansAucun
Plafond de ressources24 624 € seul (2025)Aucun
Remariage du survivantSans effetSupprime le droit
Durée de mariage minimaleAucuneAu moins 4 ans, ou 2 ans avant la retraite, ou un enfant issu du mariage

L’absence de plafond de ressources et d’âge minimum est compensée par des conditions de durée de mariage plus strictes et par la perte du droit en cas de remariage, de PACS ou de concubinage notoire.

Le RAFP (Régime additionnel de la fonction publique) prévoit également une réversion à 50 % du capital de points constitué.

Exemple chiffré

Prenons un salarié du privé décédé à 70 ans, qui percevait :

  • Une pension CNAV de 1 400 € bruts par mois ;
  • Une retraite complémentaire Agirc-Arrco de 600 € bruts par mois ;
  • Soit une pension totale de 2 000 € bruts par mois.

Sa veuve, âgée de 65 ans, percevant elle-même une retraite de 800 € bruts (donc sous le plafond ressources individuel) bénéficie :

  • Réversion CNAV : 1 400 × 54 % = 756 € bruts/mois (sous réserve du plafond de ressources cumulé) ;
  • Réversion Agirc-Arrco : 600 × 60 % = 360 € bruts/mois ;
  • Total réversion : 1 116 € bruts/mois, soit 56 % des revenus retraite du défunt.

Ses revenus totaux passent ainsi de 800 € (sa propre retraite) à environ 1 916 € bruts/mois.

Les démarches

Étape 1 : prévenir les caisses du décès

L’acte de décès doit être transmis à chacun des organismes auxquels le défunt cotisait. La demande de réversion ne se déclenche pas automatiquement — il faut effectuer une démarche spécifique.

Étape 2 : déposer une demande unique

Depuis 2017, vous pouvez effectuer une demande de réversion unique inter-régimes en ligne sur info-retraite.fr, qui transmet la demande à tous les régimes concernés. Vous pouvez également passer par chaque caisse séparément :

  • Régime général : formulaire Cerfa n° 13364*04, à envoyer à la CARSAT ;
  • Agirc-Arrco : demande en ligne sur agirc-arrco.fr ;
  • Fonction publique : SRE (Service des retraites de l’État) ou CNRACL.

Étape 3 : fournir les justificatifs

Sont demandés : acte de décès, livret de famille, justificatifs de ressources, RIB, avis d’imposition. Le délai d’instruction est d’environ 3 à 6 mois.

Étape 4 : versement

La réversion est versée à compter du 1er jour du mois suivant le décès, à condition que la demande soit effectuée dans les 12 mois du décès. Au-delà, elle n’est versée que à partir du 1er jour du mois suivant la demande — d’où l’intérêt d’agir rapidement.

La majoration pour enfants

Dans le régime général, la pension de réversion est majorée de 11,1 % si vous avez élevé au moins 3 enfants pendant au moins 9 ans avant leurs 16 ans, et si vous avez atteint l’âge du taux plein automatique (67 ans).

Dans la fonction publique, la majoration est de 10 % pour 3 enfants, puis 5 % par enfant supplémentaire.

Cumul avec ses propres droits

La réversion se cumule avec votre propre retraite, dans la limite — pour le régime général uniquement — du plafond de ressources. Si vous percevez vous-même une pension importante, vos droits à réversion peuvent être réduits ou annulés.

Dans la complémentaire Agirc-Arrco et dans la fonction publique, le cumul est intégral, sans réduction.

Erreurs courantes à éviter

  1. Croire que la réversion est automatique : aucune caisse ne la verse sans demande explicite.
  2. Attendre plus de 12 mois après le décès : vous perdez la rétroactivité.
  3. Oublier un régime : un défunt ayant été salarié, indépendant et fonctionnaire au cours de sa vie peut avoir cotisé à 3 caisses différentes.
  4. Ne pas signaler un changement de situation : un remariage, un PACS, un concubinage peuvent affecter la réversion Agirc-Arrco et fonction publique.
  5. Confondre PACS et mariage : le PACS n’ouvre aucun droit à réversion, quelle que soit sa durée.

Questions fréquentes

Mon ex-conjoint avec qui j’ai été marié 10 ans est décédé. Puis-je toucher la réversion ?

Oui, si vous ne vous êtes pas remarié et que vous remplissez les conditions d’âge et de ressources. Vous percevrez une quote-part de la pension du défunt au prorata de la durée de votre mariage par rapport à la durée totale des mariages successifs du défunt.

La pension de réversion est-elle imposable ?

Oui, comme une pension de retraite classique : elle est soumise à l’impôt sur le revenu (avec abattement de 10 % plafonné) et aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA), selon votre revenu fiscal de référence.

Peut-on perdre la réversion ?

Oui, dans deux cas principaux : (1) en cas de remariage, PACS ou concubinage pour la réversion Agirc-Arrco et fonction publique ; (2) en cas de dépassement du plafond de ressources dans le régime général, qui entraîne une réduction ou une suspension.

Existe-t-il une allocation veuvage avant 55 ans ?

Oui. L’allocation veuvage (CNAV) est versée aux conjoints survivants de moins de 55 ans, pendant une durée maximale de 2 ans, sous conditions de ressources. Montant 2025 : environ 712 € par mois. Renseignez-vous auprès de votre CARSAT.

Faut-il avoir été marié longtemps ?

Dans le régime général et l’Agirc-Arrco : aucune durée minimale depuis 2004. Dans la fonction publique : 4 ans minimum (ou 2 ans avant la retraite du défunt, ou un enfant issu du mariage).

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