Taxe d'habitation résidence secondaire 2026 : ce qui reste à payer

Supprimée pour les résidences principales en 2023, la taxe d'habitation persiste pour les résidences secondaires. Majoration en zone tendue jusqu'à 60 %.

Logement Publié le 30 mars 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 8 min de lecture
À titre informatif. Les informations fournies sur cette page sont à titre d'orientation et ne se substituent pas à un conseil fiscal personnalisé (expert-comptable, avocat fiscaliste). Pour toute décision engageant votre situation, consultez impots.gouv.fr ou un professionnel.

Depuis le 1er janvier 2023, la taxe d’habitation a été totalement supprimée pour les résidences principales — une suppression entamée en 2018. Mais elle persiste pour les résidences secondaires et les locaux meublés non affectés à l’habitation principale (logements vacants utilisés à des fins de villégiature). Avec l’extension des zones tendues en 2023, la majoration peut atteindre 60 %. Voici l’état des règles en 2026.

Qui paie la taxe d’habitation en 2026 ?

À partir de 2023, seuls trois cas déclenchent encore la taxe d’habitation :

  1. Résidences secondaires (maisons de vacances, appartements à la mer ou à la montagne, pied-à-terre Paris) ;
  2. Locaux meublés non affectés à l’habitation principale (par exemple un studio à Paris occupé occasionnellement par un salarié pour des déplacements professionnels) ;
  3. Logements meublés à usage de villégiature, même non utilisés régulièrement.

Ne sont pas concernés :

  • Les résidences principales (toutes exonérées depuis 2023) ;
  • Les logements vacants non meublés (qui sont taxés via la taxe sur les logements vacants dans certaines communes, distincte).

Qui est le contribuable ?

Le redevable est la personne qui occupe le logement au 1er janvier de l’année d’imposition, qu’il soit propriétaire ou locataire :

  • Propriétaire occupant occasionnellement sa résidence secondaire → il paie ;
  • Locataire d’un meublé utilisé comme résidence secondaire → il paie (rare) ;
  • Logement vide ou cédé en cours d’année → le redevable est celui qui occupait au 1er janvier.

Le calcul de la taxe d’habitation

La formule est identique à celle de la taxe foncière :

Taxe d’habitation = Valeur locative cadastrale × Taux global voté par la commune

Différence majeure avec la taxe foncière : pas d’abattement forfaitaire de 50 %. La taxe d’habitation s’applique sur 100 % de la valeur locative cadastrale.

Le taux

Le taux global combine :

  • Le taux communal (le plus gros poste, généralement 10 à 25 %) ;
  • Le taux intercommunal (5 à 15 %).

Le département ne perçoit plus de taxe d’habitation depuis 2021.

Exemple

Pour un appartement à valeur locative cadastrale 4 500 € dans une commune au taux de 20 % :

  • Taxe d’habitation : 4 500 × 20 % = 900 €

La majoration en zone tendue (jusqu’à 60 %)

Le dispositif

Les communes situées en « zone tendue » (où la pénurie de logements est avérée) peuvent majorer la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de 5 % à 60 %.

Avant 2023, ce dispositif ne concernait que 28 agglomérations (Paris, Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, etc.). Depuis le décret du 25 août 2023, il a été étendu à environ 3 700 communes supplémentaires en zone tendue (villes moyennes touristiques, littoral, montagne).

Liste des communes concernées

La liste exacte est publiée par arrêté annuel. Les principales :

  • Paris et toute la petite couronne ;
  • Communes du littoral atlantique et méditerranéen ;
  • Stations de montagne et de ski ;
  • Grandes agglomérations (Lyon, Lille, Strasbourg, Bordeaux, Nantes, Marseille, Toulouse, Nice…) ;
  • Communes en zone de tension immobilière (loi de Robien étendue).

Le taux exact

Chaque commune fixe son taux de majoration par délibération du conseil municipal, dans la fourchette 5 % à 60 %. Beaucoup ont choisi le taux maximum de 60 % :

  • Paris : 60 % (depuis 2017) ;
  • Côte d’Azur, Bordeaux, Lyon, Toulouse : 60 % ;
  • Stations balnéaires majeures (Biarritz, La Baule, Le Touquet) : 60 % ;
  • Stations de ski (Courchevel, Megève, Tignes) : majoritairement 60 %.

Calcul avec majoration

Reprenant l’exemple précédent, si l’appartement est à Paris (majoration 60 %) :

  • Taxe de base : 900 € ;
  • Majoration : 900 × 60 % = 540 € ;
  • Total : 1 440 €

Exonérations possibles

Exonération pour obligation professionnelle

Les personnes qui conservent un logement secondaire pour raison professionnelle (médecin avec consultations dans deux villes, salarié obligé de résider dans une autre ville pour son travail) peuvent demander l’exonération de la majoration sur dossier auprès du SIP.

Exonération pour personnes en EHPAD ou en logement médicalisé

Si vous résidez en EHPAD ou en maison de retraite, vous pouvez bénéficier de l’exonération de la taxe d’habitation sur votre ancienne résidence principale (devenue secondaire de fait), à condition que :

  • Vous y ayez résidé avant votre entrée en établissement ;
  • Le logement reste inoccupé ou occupé seulement par votre conjoint ou un enfant à charge ;
  • Vos ressources restent sous les plafonds (revenu fiscal de référence limité).

Logement classé par les ABF

Les logements situés dans des secteurs sauvegardés ou frappés de servitudes architecturales rendant impossible la conversion en résidence principale peuvent être exonérés.

La taxe sur les logements vacants (TLV)

Distincte de la taxe d’habitation, la TLV s’applique aux logements vacants depuis plus d’un an, dans les communes en zone tendue.

  • Taux : 17 % la première année, 34 % dès la deuxième année ;
  • Base : valeur locative cadastrale ;
  • Objectif : inciter à remettre les logements sur le marché.

Un logement vacant occasionnellement utilisé peut basculer en taxe d’habitation (s’il est meublé) ou en TLV (s’il est vide). À clarifier auprès de la DGFiP en cas de doute.

La déclaration des biens immobiliers (depuis 2023)

Depuis 2023, tous les propriétaires doivent déclarer l’usage de leurs biens immobiliers sur impots.gouv.fr → rubrique « Biens immobiliers ». Trois usages possibles :

  • Résidence principale (exonération de taxe d’habitation) ;
  • Résidence secondaire (taxe d’habitation due) ;
  • Logement loué (à un locataire dont vous indiquez l’identité).

Cette déclaration permet à la DGFiP d’identifier les redevables de la taxe d’habitation. À mettre à jour dès qu’un usage change (déménagement, mise en location, vente).

Vente ou cession en cours d’année

La taxe d’habitation est due par celui qui occupe le logement au 1er janvier. Si vous vendez votre résidence secondaire en mars, vous restez redevable pour toute l’année. La répartition prorata avec l’acquéreur est une convention privée à formaliser dans l’acte notarié.

Contester sa taxe d’habitation

Les motifs de contestation et la procédure sont identiques à la taxe foncière :

  • Délai : jusqu’au 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement ;
  • Démarche : réclamation auprès du SIP (en ligne ou par courrier) ;
  • Recours juridictionnel possible devant le tribunal administratif en cas de rejet.

Motifs courants :

  • Erreur sur la qualification (le bien est en réalité votre résidence principale et a été taxé par erreur en secondaire) ;
  • Application erronée de la majoration zone tendue ;
  • Oubli d’une exonération (EHPAD, obligation professionnelle) ;
  • Erreur sur la valeur locative cadastrale.

Erreurs courantes à éviter

  1. Ne pas déclarer l’usage des biens sur impots.gouv.fr : risque d’amende de 150 € par bien non déclaré.
  2. Continuer à déclarer comme « résidence principale » un logement où vous n’habitez plus : risque de redressement fiscal et amende.
  3. Croire que la taxe foncière englobe la taxe d’habitation : non, ce sont deux impôts distincts.
  4. Omettre la majoration zone tendue dans son budget : un appartement à Paris (60 % de majoration) coûte effectivement 60 % plus cher en taxe d’habitation que dans une commune voisine non en zone tendue.

Questions fréquentes

Mon logement est en location toute l’année. Dois-je payer la taxe d’habitation ?

Non, c’est votre locataire qui paie la taxe d’habitation s’il s’agit d’un meublé non considéré comme résidence principale (cas rare). Si le locataire en fait sa résidence principale, personne ne paie (suppression depuis 2023).

Mon studio sert pour mes déplacements professionnels. Résidence secondaire ?

Oui, si vous y allez moins de 6 mois par an. La règle générale : résidence principale = lieu où vous résidez habituellement, résidence secondaire = tout le reste. Vous payez donc la taxe d’habitation, sauf demande d’exonération pour obligation professionnelle.

Mon pied-à-terre familial inutilisé. Vacant ou résidence secondaire ?

Si meublé : résidence secondaire, taxe d’habitation due. Si non meublé : logement vacant, potentiellement soumis à TLV en zone tendue.

Combien rapporte la taxe d’habitation à l’État ?

Environ 2,5 milliards d’euros par an (chiffres 2024), répartis entre communes et intercommunalités. À comparer aux 17 milliards que représentait la taxe d’habitation sur les résidences principales avant sa suppression.

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