Fonction publique hospitalière 2026 : concours et statuts

1,2 million d'agents : hôpitaux publics, EHPAD, médico-social. Concours d'infirmier, aide-soignant, praticien hospitalier, organisation des recrutements et particularités statutaires.

Concours administratifs Publié le 2 mars 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 10 min de lecture
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La fonction publique hospitalière (FPH) rassemble en 2026 environ 1,2 million d’agents. Elle constitue le troisième versant statutaire, le plus récent dans sa forme actuelle (loi du 9 janvier 1986). À la différence des deux autres versants, elle est presque entièrement composée d’agents exerçant leurs missions dans des établissements : hôpitaux publics, établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) publics, établissements médico-sociaux pour personnes handicapées, instituts de formation. Ce guide présente les contours de la FPH, l’organisation des concours, les principaux corps et les particularités statutaires.

Périmètre de la fonction publique hospitalière

La FPH compte trois grandes familles d’agents :

FamilleEffectifs (2026)Exemples
Personnels soignantsenviron 720 000Infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, manipulateurs radio
Personnels médicaux et pharmaceutiquesenviron 110 000Praticiens hospitaliers, internes, pharmaciens, biologistes
Personnels administratifs, techniques et ouvriersenviron 370 000Adjoints administratifs, agents techniques, agents des services hospitaliers, ingénieurs hospitaliers

S’y ajoutent les directions : directeurs d’hôpital, directeurs d’établissement social et médico-social, directeurs des soins, recrutés via l’EHESP (École des hautes études en santé publique) à Rennes.

Les établissements employeurs

La FPH regroupe :

  • Les centres hospitaliers universitaires (CHU) : 32 établissements, plus de 350 000 agents au total ;
  • Les centres hospitaliers (CH) et centres hospitaliers régionaux (CHR) : plus de 800 établissements ;
  • Les centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie ;
  • Les EHPAD publics autonomes ou rattachés à un hôpital ;
  • Les établissements médico-sociaux publics pour personnes handicapées (IME, MAS, FAM) ;
  • Les instituts de formation rattachés (IFSI, IFAS).

Chaque établissement emploie ses agents directement. Il n’existe pas de centre national équivalent aux CDG territoriaux pour la gestion mutualisée.

L’organisation des concours

Les concours hospitaliers se distinguent par leur caractère décentralisé :

Concours organisés par établissement

La majorité des concours de catégorie C et de catégorie B sont organisés par chaque établissement ou par un groupement d’établissements via un GHT (Groupement hospitalier de territoire). C’est le cas pour :

  • Adjoint administratif hospitalier ;
  • Adjoint technique hospitalier ;
  • Agent des services hospitaliers (ASH) ;
  • Aide-soignant (sur titre, sans épreuves écrites, depuis 2007) ;
  • Infirmier en soins généraux (sur titre, depuis le passage à la catégorie A en 2010) ;
  • Manipulateur d’électroradiologie médicale.

Chaque établissement publie ses besoins et organise ses propres jurys. L’inscription se fait directement auprès de la direction des ressources humaines de l’hôpital.

Concours nationaux ou régionaux

Pour les corps de direction et certains corps spécialisés, le concours est national :

CorpsOrganisateurPériodicité
Directeur d’hôpitalEHESPAnnuelle
Directeur d’établissement social et médico-socialEHESPAnnuelle
Directeur des soinsEHESPAnnuelle
Praticien hospitalierCNG (Centre national de gestion)Annuelle
Attaché d’administration hospitalièreCNGAnnuelle
Cadre de santéÉtabilssement, sur diplômeAnnuelle

Les agences régionales de santé (ARS) peuvent organiser des concours régionaux lorsque plusieurs établissements expriment des besoins simultanés.

Le concours d’infirmier

Le diplôme d’État d’infirmier (DEI) est obtenu après trois ans de formation en institut de formation en soins infirmiers (IFSI), à raison de 5 100 heures de cours et de stages (réforme de 2009 du référentiel). Depuis le décret du 29 septembre 2010, le corps des infirmiers en soins généraux est classé en catégorie A.

L’accès en IFSI se fait depuis 2019 via Parcoursup, et non plus par concours d’entrée. Une fois diplômé, l’infirmier peut être :

  • Recruté directement par un hôpital public, sur dossier et entretien ;
  • Stagiairisé pendant un an dans son corps avant titularisation ;
  • Spécialisé ensuite (IBODE, IADE, puéricultrice) après plusieurs années d’expérience.

La rémunération d’un infirmier débutant à l’hôpital public est d’environ 2 100 à 2 300 € nets par mois (avec primes de service et indemnités liées aux contraintes horaires).

Le concours d’aide-soignant

L’aide-soignant exerce auprès des patients en collaboration avec les infirmiers (toilette, repas, surveillance, prévention des escarres). Le diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS) s’obtient en 10 à 11 mois de formation. L’accès en formation s’effectue par sélection sur dossier et entretien depuis 2020.

Le statut d’aide-soignant a évolué : initialement en catégorie C, certains grades sont passés en catégorie B depuis 2022 dans le cadre du Ségur de la santé. La rémunération d’un aide-soignant débutant atteint désormais 1 800 à 1 950 € nets mensuels (avec les majorations issues du Ségur).

Le concours de praticien hospitalier

Le praticien hospitalier (PH) est le médecin titulaire d’un poste à l’hôpital public. Le concours national est organisé chaque année par le Centre national de gestion. Conditions :

  • Être titulaire du diplôme de médecine française ou européen reconnu ;
  • Avoir validé une spécialité (DES) ;
  • Justifier d’une expérience hospitalière d’au moins 4 ans pour le concours de type I (cumulant les fonctions hospitalières antérieures).

Les épreuves sont essentiellement constituées d’une étude du dossier professionnel et d’un entretien avec un jury. La rémunération d’un praticien hospitalier varie de 5 000 € nets en début de carrière à 9 000 € nets en fin de carrière, hors astreintes et gardes.

Particularités statutaires

La FPH présente plusieurs spécificités :

  • Statut spécifique : les agents hospitaliers relèvent du Code général de la fonction publique mais bénéficient de dispositions particulières (titre IV) ;
  • Régime de retraite spécial pour les infirmières en services actifs (catégorie active), permettant un départ anticipé ;
  • Indemnités de sujétions spécifiques (travail de nuit, dimanche, jour férié) majorées ;
  • Comptes épargne-temps souvent volumineux du fait des contraintes de service ;
  • Mobilité facilitée d’un hôpital à un autre par mutation ou détachement.

Les EHPAD suivent le même statut que les hôpitaux mais avec des indemnités souvent moindres en raison de la moindre activité technique.

Rémunérations indicatives en début de carrière

CorpsCatégorieNet mensuel total
Agent des services hospitaliersC1 600 à 1 750 €
Aide-soignant (post-Ségur)B1 850 à 2 000 €
Infirmier en soins générauxA2 100 à 2 300 €
Infirmier de bloc opératoire (IBODE)A2 400 à 2 700 €
Cadre de santéA2 700 à 3 000 €
Sage-femme hospitalièreA2 500 à 2 800 €
Praticien hospitalier débutantSpécifique5 000 à 5 500 €
Directeur d’hôpital débutantA+3 800 à 4 200 €

Le Ségur de la santé (2020-2022) a revalorisé l’ensemble des rémunérations soignantes d’environ 183 € nets par mois, intégrés à un complément de traitement indiciaire (CTI).

Erreurs courantes à éviter

  • Croire que les concours hospitaliers sont nationaux : la majorité sont organisés par établissement, ce qui implique de cibler géographiquement sa candidature.
  • Confondre infirmier en soins généraux et infirmier de bloc opératoire : ces spécialités impliquent une formation supplémentaire et un statut distinct.
  • Sous-estimer les contraintes horaires : travail de nuit, week-end et jours fériés sont la règle dans la majorité des services de soins. Le supplément salarial existe mais ne compense pas pour tous l’usure professionnelle.
  • Négliger les EHPAD : les besoins en recrutement y sont massifs, l’expérience y est précieuse, mais l’environnement professionnel diffère sensiblement de l’hôpital aigu.
  • Ignorer les passerelles : un aide-soignant peut entrer en IFSI par une formation passerelle pour devenir infirmier, en bénéficiant d’allègements de programme.

Questions fréquentes

Y a-t-il un concours pour devenir infirmier ?

Plus de concours d’entrée en IFSI depuis 2019 (remplacé par Parcoursup). Une fois diplômé, le recrutement à l’hôpital public se fait sur titre, sans concours, par sélection sur dossier et entretien auprès de la direction des ressources humaines de l’établissement.

Peut-on être recruté à l’hôpital sans diplôme ?

Oui pour les postes d’agent des services hospitaliers (ASH), recrutés sans condition de diplôme. La formation est assurée par l’établissement, et la promotion interne permet de passer le diplôme d’aide-soignant après plusieurs années d’expérience.

Le contrat à durée indéterminée existe-t-il à l’hôpital ?

Oui. La part des contractuels à l’hôpital public est élevée (souvent 15 à 25 % des effectifs soignants selon les services). La loi Sauvadet et ses prolongations ont organisé la titularisation d’une partie de ces contractuels, mais les contrats restent fréquents pour les remplacements et les renforts.

Quelles différences entre praticien hospitalier et médecin contractuel ?

Le praticien hospitalier est titulaire d’un poste à l’issue d’un concours national. Le médecin contractuel est embauché sur contrat, parfois pour de très courtes durées, à des conditions de rémunération souvent supérieures (notamment pour les remplacements urgents) mais sans la sécurité du statut.

Les EHPAD privés relèvent-ils de la FPH ?

Non. Seuls les EHPAD publics autonomes (établissements publics indépendants) et les EHPAD rattachés à un hôpital public relèvent de la FPH. Les EHPAD associatifs et commerciaux relèvent du droit privé du travail (convention collective FEHAP, CCN 51, CCN 66 ou convention privée selon le statut).

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