Le gardien de la paix est le grade de base du corps d’encadrement et d’application de la Police nationale. C’est aujourd’hui le premier corps de catégorie B en effectifs en France, avec plus de 100 000 agents et un volume annuel de recrutement supérieur à 4 500 postes ouverts au concours externe en 2026. Le concours est exigeant : il combine des épreuves écrites de niveau baccalauréat, des épreuves physiques sélectives, des entretiens avec un jury et un examen psychotechnique. Ce guide détaille la procédure complète et les conditions d’accès.
Conditions générales
Pour s’inscrire au concours externe de gardien de la paix, le candidat doit remplir cumulativement plusieurs conditions :
- Être de nationalité française (la Police nationale assure une mission de souveraineté, fermée aux ressortissants étrangers, y compris communautaires) ;
- Avoir entre 17 et 35 ans au 1er janvier de l’année du concours (la limite supérieure peut être repoussée pour certaines catégories : sportifs de haut niveau, anciens militaires, agents publics, parents d’au moins trois enfants) ;
- Jouir de ses droits civiques et avoir un casier judiciaire vierge ou compatible avec l’exercice des fonctions de police (bulletin n° 2) ;
- Être en règle au regard du service national (Journée défense et citoyenneté pour les moins de 25 ans) ;
- Présenter une aptitude physique suffisante, vérifiée lors d’une visite médicale spécifique et par les épreuves sportives ;
- Mesurer au moins 1,60 m (la condition de taille existait avant 2010 mais elle a été supprimée du règlement officiel ; une appréciation médicale demeure cependant pour les fonctions de maintien de l’ordre) ;
- Posséder le permis B ou être inscrit à la formation, l’obtention étant exigée avant la titularisation.
Le niveau de diplôme requis est le baccalauréat ou un titre équivalent reconnu par la commission d’équivalence.
Le déroulement du concours
Le concours externe de gardien de la paix s’organise en trois phases successives :
Phase 1 : admissibilité (écrits)
| Épreuve | Durée | Coefficient |
|---|---|---|
| Composition de culture générale | 3 h | 4 |
| Résolution d’un cas pratique (logique, raisonnement) | 2 h | 3 |
| Questionnaire de connaissances (institutions, droit, actualité) | 1 h 30 | 2 |
| Maîtrise de la langue française (dictée, vocabulaire, grammaire) | 1 h | 2 |
Une note inférieure à 5/20 à l’une de ces épreuves est éliminatoire. Les candidats les mieux classés sont déclarés admissibles et passent les épreuves suivantes.
Phase 2 : préadmission (épreuves physiques et psychotechniques)
Les épreuves physiques sont éliminatoires en dessous d’un seuil (généralement 5/20 cumulé). Elles évaluent les capacités cardio-respiratoires, la force et la coordination :
| Épreuve | Hommes | Femmes |
|---|---|---|
| Course navette (test Luc-Léger) ou 1 600 m | Niveau 7 minimum | Niveau 5 minimum |
| Tractions à la barre fixe | 6 minimum | 4 minimum (suspension axiale) |
| Lancer de medicine-ball (3 kg) | 7 m minimum | 5 m minimum |
| Parcours d’obstacles | Référentiel chronométré commun |
Les barèmes exacts varient selon les sessions et sont publiés dans l’arrêté de chaque concours. La visite médicale vérifie l’absence de contre-indication (acuité visuelle, audition, tatouages visibles ou identifiants, état dentaire).
L’examen psychotechnique comprend des tests de personnalité (questionnaires standardisés) et un entretien avec un psychologue. Il est destiné à évaluer l’équilibre psychologique, l’aptitude au travail en équipe et la capacité à gérer le stress.
Phase 3 : admission (oraux)
| Épreuve | Durée | Coefficient |
|---|---|---|
| Entretien avec un jury (motivation, mise en situation, déontologie) | 25 min | 6 |
| Épreuve facultative de langue (anglais, espagnol, allemand, arabe) | 15 min | Points au-dessus de 10 |
L’entretien avec le jury est l’épreuve la plus discriminante du concours. Il porte sur la motivation, la connaissance de la Police nationale (organisation, missions, valeurs), les événements d’actualité et la réaction face à des cas concrets (situations déontologiques, conflit, urgence).
Formation à l’école de police
L’admission au concours ouvre une formation de 12 mois dans l’une des écoles nationales de police : Nîmes, Roubaix, Reims, Sens, Saint-Malo, Oissel. La formation se déroule en alternance :
- 8 mois de scolarité (cours juridiques, déontologie, techniques d’intervention, tir, conduite, secourisme, langues) ;
- 4 mois de stage en service actif sur le terrain.
À l’issue de la formation, le classement de sortie détermine l’ordre dans lequel les élèves choisissent leur première affectation. Les postes en Île-de-France (sécurité publique 75, 92, 93, 94) sont souvent les seuls disponibles pour les derniers classés. Une mutation est possible après plusieurs années d’ancienneté.
L’engagement de servir est de 4 ans après la titularisation. Tout départ anticipé entraîne le remboursement d’une partie des frais de formation.
Rémunération du gardien de la paix
Le traitement du gardien de la paix se compose d’un traitement indiciaire et de nombreuses indemnités liées aux contraintes du métier (travail de nuit, dimanche, jours fériés, dangerosité, port d’arme).
| Élément | Montant indicatif 2026 |
|---|---|
| Traitement indiciaire net débutant (échelon 1) | environ 1 700 € |
| Indemnité spéciale de fonction (ISF) | 27 % du traitement brut, environ 500 € |
| Indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP) | 6 % du traitement brut, environ 110 € |
| Indemnités liées au lieu (Île-de-France notamment) | jusqu’à 200 € |
| Total net débutant | 2 200 à 2 500 € |
À mi-carrière (15 ans), un gardien de la paix atteint environ 2 800 à 3 100 € nets mensuels. Le grade de brigadier puis brigadier-chef (avancement au choix) majore la rémunération de 200 à 400 € mensuels supplémentaires.
Conseils de préparation
La préparation au concours s’étend généralement sur 8 à 12 mois. Plusieurs ressources existent :
- Préparation universitaire : licences professionnelles « sécurité » ou modules de préparation aux concours dans certaines universités ;
- Préparation au CNED (formation à distance officielle) ;
- Cadets de la République : dispositif pour les 18-30 ans sans le bac, qui combine formation au baccalauréat professionnel « Métiers de la sécurité » et préparation au concours, avec rémunération ;
- Préparation autonome à partir des annales publiées sur devenirpolicier.fr et des manuels spécialisés ;
- Entraînement physique régulier dès l’inscription (musculation, cardio, parcours).
Le dossier d’inscription se prépare bien avant les épreuves : extrait de casier judiciaire, certificat médical, photocopies du baccalauréat, attestation de la JDC, certificat de natation (parfois exigé).
Erreurs courantes à éviter
- Négliger les épreuves physiques : un excellent candidat à l’écrit peut être éliminé sur la course navette. L’entraînement physique doit commencer plusieurs mois avant les épreuves.
- Sous-estimer l’entretien : c’est l’épreuve au coefficient le plus élevé. Une mauvaise connaissance des missions de la Police nationale ou une réaction inadaptée à un cas pratique peut être rédhibitoire.
- Oublier le casier judiciaire : toute condamnation pour violences, infractions routières graves ou stupéfiants peut être éliminatoire. Demandez votre B2 avant de candidater pour éviter une déconvenue tardive.
- Tatouages visibles : les tatouages sur le cou, le visage et les mains sont rédhibitoires depuis le règlement interne du 1er janvier 2014. Les autres tatouages doivent rester couverts par l’uniforme.
- Confondre Police nationale et Police municipale : ce sont deux concours et deux corps distincts. La Police nationale relève de l’État (concours national), la Police municipale de la fonction publique territoriale (concours par CDG).
Questions fréquentes
Peut-on être policier avec un casier non vierge ?
Le bulletin n° 2 (B2) doit être compatible avec l’exercice des fonctions. Les contraventions de cinquième classe et certaines mentions sont effacées après quelques années. Une condamnation pour délit récent (notamment violences, conduite sans permis, stupéfiants) est généralement éliminatoire. Le jury apprécie au cas par cas.
Y a-t-il un concours interne pour gardien de la paix ?
Oui. Le concours interne est ouvert aux agents publics, notamment aux adjoints de sécurité (ADS), aux policiers adjoints et aux militaires de la Gendarmerie. Les conditions d’ancienneté sont précisées par l’arrêté d’ouverture (souvent 2 ans).
Combien gagne un brigadier-chef ?
Un brigadier-chef expérimenté (échelon sommital) atteint environ 3 200 à 3 600 € nets mensuels, primes comprises. Le passage au corps de commandement (officier de police) ou de conception et de direction (commissaire) suppose un nouveau concours interne ou un parcours spécifique.
Quelle différence entre Police nationale et Gendarmerie nationale ?
Les deux forces relèvent du ministère de l’Intérieur, mais avec des statuts différents : la Police est composée de fonctionnaires civils, la Gendarmerie de militaires. Le concours d’entrée diffère également : sous-officier de gendarmerie ou gendarme adjoint volontaire pour la Gendarmerie.
Le tatouage est-il un motif d’élimination ?
Les tatouages sont autorisés à condition qu’ils ne soient pas visibles en uniforme (cou, mains, visage), qu’ils n’expriment pas de signes contraires aux valeurs de la République (haine, racisme, idéologie extrémiste) et qu’ils ne soient pas de nature à porter atteinte à l’image de l’institution. Ils sont contrôlés lors de la visite médicale.
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