Congé maternité et paternité 2026 : durées et indemnités

Durées du congé maternité (16 à 26 semaines), paternité 25 jours + 4 jours obligatoires, indemnités journalières CPAM plafonnées au PASS : tout en 2026.

Travail et emploi Publié le 4 mars 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 11 min de lecture
À titre informatif. Les informations fournies sur cette page sont à titre d'orientation et ne se substituent pas à un conseil personnalisé d'un agent CAF, France Travail ou de l'Assurance Maladie. Pour toute démarche officielle, contactez votre caisse.

Le congé maternité et le congé de paternité et d’accueil de l’enfant sont des droits fondamentaux de tout salarié, financés par l’Assurance Maladie sous forme d’indemnités journalières (IJ). Depuis le 1er juillet 2021, le congé de paternité a été allongé à 25 jours calendaires (32 jours en cas de naissances multiples), dont 4 jours obligatoires immédiatement après la naissance. Voici les durées, indemnités et démarches applicables en 2026.

Durée du congé maternité

Le congé maternité comprend une période prénatale (avant l’accouchement) et une période postnatale (après). Sa durée totale dépend du nombre d’enfants attendus et déjà à charge.

SituationPrénatalPostnatalTotal
1er ou 2e enfant6 sem10 sem16 sem
3e enfant ou plus8 sem18 sem26 sem
Jumeaux12 sem22 sem34 sem
Triplés ou plus24 sem22 sem46 sem

La salariée peut, sous certaines conditions et sur avis médical favorable, reporter une partie du congé prénatal (jusqu’à 3 semaines) sur la période postnatale. Une période minimale de 8 semaines doit obligatoirement être prise autour de l’accouchement, dont 6 semaines après.

Durée du congé paternité

Depuis le 1er juillet 2021, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est de :

  • 25 jours calendaires pour une naissance simple ;
  • 32 jours calendaires pour des naissances multiples.

Il comprend deux périodes :

  1. Une période obligatoire de 4 jours calendaires consécutifs, qui suit immédiatement le congé de naissance de 3 jours (à la charge de l’employeur) ;
  2. Une période de 21 jours (ou 28 en cas de multiples), à prendre en une ou deux fractions (la plus courte au moins 5 jours), dans les 6 mois suivant la naissance.

Le congé peut être pris par le père, ou par le conjoint, partenaire de PACS ou concubin de la mère, même s’il n’est pas le père biologique de l’enfant.

Les indemnités journalières (IJ)

Pendant le congé maternité ou paternité, la salariée ou le salarié perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale, sous conditions d’ouverture des droits :

  • Être affilié(e) depuis au moins 10 mois à la date prévue de l’accouchement (ou de la naissance pour le congé paternité) ;
  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédents, ou cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire sur 6 mois.

Calcul du montant

L’IJ maternité ou paternité est calculée à partir du salaire journalier de base :

  • Moyenne des 3 derniers salaires bruts précédant le congé, divisée par 91,25 ;
  • Diminuée des cotisations sociales (taux forfaitaire de 21 %).

L’IJ est plafonnée au plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS), soit 3 925 € par mois en 2025 (à confirmer pour 2026).

Montants maximaux indicatifs (2025, à confirmer 2026)

Type de congéIJ maximale par jourIJ maximale mensuelle
Maternitéenviron 101,94 €environ 3 058 €
Paternitéenviron 101,94 €environ 3 058 €

Les IJ sont versées tous les 14 jours par la CPAM, après transmission de l’attestation de salaire par l’employeur.

La part employeur : maintien de salaire

Beaucoup de conventions collectives prévoient un maintien de salaire total ou partiel, sous condition d’ancienneté (en général 1 an). L’employeur verse alors la différence entre les IJ et le salaire net habituel. Le maintien peut porter sur la totalité du congé maternité, ou seulement sur une partie selon les branches.

Vérifiez votre convention collective : Syntec, Métallurgie, Banque et de nombreuses autres prévoient un maintien intégral. À défaut, le salarié ne perçoit que les IJ CPAM (avec un plafonnement parfois inférieur à son salaire habituel).

Le congé de naissance (3 jours)

À l’occasion de la naissance, le père (ou conjoint/partenaire/concubin de la mère) bénéficie d’un congé de naissance de 3 jours ouvrables à la charge de l’employeur. Ces 3 jours :

  • Sont rémunérés intégralement par l’employeur ;
  • Sont distincts du congé paternité ;
  • Doivent être pris dans une période proche de la naissance, en général en concomitance avec le congé paternité.

Démarches employeur et CPAM

Côté salariée enceinte

  1. Déclarer la grossesse à la CPAM et à la CAF avant la fin du 3e mois (formulaire en ligne via ameli.fr) ;
  2. Informer l’employeur par écrit (recommandé avec AR conseillé), au plus tard 7 jours avant le début du congé maternité, mais en pratique dès que possible ;
  3. Préciser les dates de début et de fin du congé maternité ;
  4. À l’issue, transmettre à la CPAM l’attestation de salaire que l’employeur établit (DSN événementielle).

Côté futur père / conjoint

  1. Informer l’employeur au moins 1 mois avant la date prévue du congé paternité ;
  2. Préciser les dates de début et de fin (et le fractionnement éventuel) ;
  3. Adresser à la CPAM, après la naissance, un acte de naissance et un justificatif de la situation (concubinage, PACS, etc.).

Protection contre le licenciement

Pendant la grossesse, le congé maternité, et 10 semaines après son retour, la salariée bénéficie d’une protection contre le licenciement (article L. 1225-4) :

  • Le licenciement est interdit sauf faute grave (sans lien avec la grossesse) ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse ;
  • En cas de licenciement irrégulier : nullité et réintégration ou indemnités majorées.

Une protection comparable s’applique pendant les 10 semaines suivant le retour de congé paternité (depuis 2022).

Articulation avec d’autres congés

  • Congé d’adoption : 16 à 22 semaines selon le nombre d’enfants, partageable entre les deux parents, avec des IJ identiques au congé maternité ;
  • Congé parental d’éducation : peut faire suite au congé maternité ou paternité, jusqu’aux 3 ans de l’enfant, avec versement éventuel de la PreParE par la CAF ;
  • Congé pour enfant malade : 3 jours non rémunérés par an (5 jours si enfant < 1 an ou 3 enfants à charge) ;
  • Allaitement : 1 heure par jour pendant 1 an pour allaiter ou tirer son lait, non rémunérée sauf accord.

Erreurs courantes à éviter

  1. Tarder à déclarer la grossesse : pas de droits CAF/CPAM tant que la déclaration n’est pas faite.
  2. Oublier le congé de naissance : il s’ajoute au congé paternité, ne l’absorbez pas.
  3. Mal estimer le maintien employeur : lisez votre convention collective avant de poser le congé.
  4. Renoncer aux 4 jours obligatoires de paternité : ils sont obligatoires et ne peuvent être travaillés.
  5. Ignorer le report prénatal : la salariée peut sur avis médical reporter 3 semaines prénatales en postnatal.

Questions fréquentes

Puis-je travailler pendant mon congé maternité ?

Non. Travailler pendant le congé maternité est interdit (sauf travail occasionnel et compatible, par exemple le télétravail occasionnel sur accord). En cas d’infraction, perte des IJ et possible sanction.

Le congé paternité est-il rémunéré à 100 % ?

Pas systématiquement. Les IJ CPAM sont plafonnées au PMSS. Si votre salaire dépasse le plafond, vous perdez en pouvoir d’achat, sauf si votre convention collective prévoit un complément employeur. À vérifier avant la naissance.

Le congé paternité est-il fractionnable ?

Oui. Après les 4 jours obligatoires (et le congé de naissance de 3 jours), les 21 jours restants peuvent être pris en une ou deux fractions (la plus courte de 5 jours minimum), dans un délai de 6 mois après la naissance.

Quels droits pour les indépendants et auto-entrepreneurs ?

Les travailleuses indépendantes (TNS, auto-entrepreneuses) bénéficient d’une indemnité forfaitaire de repos maternel et d’IJ forfaitaires, selon leur régime. Voir le guide spécifique auto-entrepreneur pour les détails 2026.

Mon enfant naît prématurément : que se passe-t-il ?

En cas d’hospitalisation de l’enfant après la naissance au-delà de la 6e semaine suivant l’accouchement, la salariée peut bénéficier d’un congé supplémentaire pour la durée de l’hospitalisation. Le congé paternité peut également être prolongé en cas d’hospitalisation du nouveau-né (30 jours consécutifs supplémentaires).

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