ALD 2026 : Affection de longue durée et 100 %

ALD en 2026 : les 30 affections, demande via protocole de soins, prise en charge à 100 % du tarif convention, durée et renouvellement.

Santé et sécurité sociale Publié le 15 mars 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 11 min de lecture
À titre informatif. Les informations fournies sur cette page sont à titre d'orientation et ne se substituent pas à un conseil personnalisé d'un agent CAF, France Travail ou de l'Assurance Maladie. Pour toute démarche officielle, contactez votre caisse.

Le dispositif des affections de longue durée (ALD) permet aux patients atteints de pathologies graves ou chroniques d’être pris en charge à 100 % du tarif convention pour les soins liés à leur maladie. En 2025, environ 13 millions de Français bénéficient d’une ALD, dont 10,9 millions au titre d’une ALD de la « liste des 30 ». Le dispositif est un pilier essentiel de la solidarité du système de santé français : il garantit l’accès aux traitements coûteux et continus sans renoncement pour raison financière. Ce guide expose les conditions, la procédure et la portée exacte du 100 %.

Qu’est-ce qu’une ALD ?

Une ALD est une maladie dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé (généralement supérieur à 6 mois) et une thérapeutique coûteuse.

L’inscription en ALD ouvre droit à l’exonération du ticket modérateur : la Sécurité sociale prend en charge 100 % du tarif conventionnel des actes et traitements en lien avec la pathologie.

Les 3 catégories d’ALD

ALD 30 (ALD de la liste)

C’est la catégorie la plus connue. Elle regroupe 30 affections définies par décret, parmi lesquelles :

  1. Accident vasculaire cérébral invalidant ;
  2. Insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques ;
  3. Artériopathie chronique avec manifestations ischémiques ;
  4. Bilharziose compliquée ;
  5. Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme, cardiopathies valvulaires graves ;
  6. Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses ;
  7. Déficit immunitaire primitif, infection VIH ;
  8. Diabète de type 1 et de type 2 ;
  9. Formes graves des affections neurologiques et musculaires (SLA, sclérose en plaques, etc.) ;
  10. Hémoglobinopathies, hémolyses chroniques constitutionnelles et acquises sévères ;
  11. Hémophilies et affections constitutionnelles de l’hémostase graves ;
  12. Hypertension artérielle sévère (avec atteinte d’organes cibles) ;
  13. Maladie coronaire ;
  14. Insuffisance respiratoire chronique grave ;
  15. Maladie d’Alzheimer et autres démences ;
  16. Maladie de Parkinson ;
  17. Maladies métaboliques héréditaires ;
  18. Mucoviscidose ;
  19. Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif ;
  20. Paraplégie ;
  21. Vascularites, lupus érythémateux systémique, sclérodermie systémique ;
  22. Polyarthrite rhumatoïde évolutive ;
  23. Affections psychiatriques de longue durée ;
  24. Rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives ;
  25. Sclérose en plaques ;
  26. Scoliose idiopathique structurale évolutive ;
  27. Spondylarthrite grave ;
  28. Suites de transplantation d’organe ;
  29. Tuberculose active, lèpre ;
  30. Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique.

ALD 31 (« hors liste »)

Pour les affections graves et invalidantes non inscrites sur la liste des 30, mais nécessitant un traitement long de plus de 6 mois et une thérapeutique coûteuse. Le médecin-conseil de la CPAM apprécie au cas par cas.

ALD 32 (polypathologies)

Pour les patients atteints de plusieurs affections invalidantes entraînant un état pathologique invalidant et nécessitant un traitement d’une durée d’au moins 6 mois. Souvent invoquée chez les personnes âgées polypathologiques.

ALD exonérante et ALD non exonérante

TypePrise en chargeCas d’application
ALD exonérante100 % du tarif convention sur les soins en lienALD 30, 31, 32
ALD non exonérantePrise en charge classique 70 %Maladies chroniques ne remplissant pas les critères d’exonération mais ouvrant droit à indemnités journalières prolongées

L’ALD non exonérante ne donne pas droit au 100 %, mais permet par exemple un arrêt de travail de plus de 6 mois avec indemnités journalières spécifiques.

La procédure de demande

Étape 1 : protocole de soins (Cerfa S3501)

Votre médecin traitant rédige un protocole de soins détaillant :

  • Le diagnostic ;
  • Les soins et traitements nécessaires ;
  • Les spécialistes intervenant ;
  • La durée prévisionnelle.

Il vous remet un volet ; un autre volet est envoyé au médecin-conseil de la CPAM.

Étape 2 : examen par le médecin-conseil

Le médecin-conseil de la CPAM examine le dossier et vérifie que :

  • La pathologie figure bien dans la liste (ALD 30) ou répond aux critères (ALD 31, 32) ;
  • Les soins prescrits sont justifiés.

Réponse sous 2 mois environ (parfois plus en cas de complément demandé).

Étape 3 : notification et carte Vitale

En cas d’accord, vous recevez :

  • Une notification d’attribution avec la liste des soins exonérés ;
  • Une mise à jour de votre carte Vitale chez la borne (l’ALD est inscrite dans la puce).

Que couvre exactement le 100 % ?

Ce qui est intégralement pris en charge

  • Consultations chez le médecin traitant et les spécialistes inscrits au protocole, en lien avec l’ALD ;
  • Médicaments prescrits dans le cadre du protocole ;
  • Examens et analyses liés (biologie, imagerie) ;
  • Hospitalisation en rapport avec l’ALD ;
  • Transports sanitaires (sur prescription) ;
  • Soins infirmiers, kinésithérapie, orthophonie liés.

Ce qui n’est PAS couvert à 100 %

  • Soins sans rapport avec l’ALD (par exemple, soin dentaire courant si la pathologie est cardiaque) ;
  • Forfait journalier hospitalier (15 € par jour en 2025) ;
  • Dépassements d’honoraires secteur 2 ;
  • Participation forfaitaire de 1 € par consultation (limitée à 4 € par jour) ;
  • Franchises sur médicaments (0,50 €) et transports (2 €).

Pour ces frais résiduels, votre mutuelle complète selon votre contrat.

Durée et renouvellement

Type d’ALDDurée initialeRenouvellement
ALD 30 (selon liste)Variable (2 à 10 ans)Sur évaluation du médecin traitant
ALD 312 ans en généralRéévaluation systématique
ALD 321 anRéévaluation annuelle

Quelques mois avant l’échéance, le médecin traitant rédige un nouveau protocole si la pathologie persiste. Pour les cancers stabilisés, un dispositif spécial de « suivi post-ALD » permet de prolonger le 100 % pendant 5 ans.

ALD et arrêt de travail

Les patients en ALD bénéficient d’un régime d’arrêt de travail favorable :

  • Les 3 jours de carence ne s’appliquent pas en cas d’arrêt lié à l’ALD (sous conditions) ;
  • Les indemnités journalières peuvent être versées jusqu’à 3 ans (au lieu de 1 an pour un arrêt classique) ;
  • L’arrêt peut être prescrit par un spécialiste du protocole.

ALD et complémentaire santé

L’ALD couvre la part Sécurité sociale ; la mutuelle complète :

  • Forfaits journaliers ;
  • Dépassements éventuels ;
  • Soins hors lien avec l’ALD.

Une mutuelle adaptée à l’ALD peut être plus utile qu’une couverture maximale sur le dentaire-optique.

Erreurs courantes à éviter

  • Penser que l’ALD couvre tous les soins : seuls les soins en lien avec la pathologie sont à 100 % ;
  • Oublier de présenter sa carte Vitale à jour : sans la mise à jour, les soins peuvent être remboursés à 70 % ;
  • Croire que la franchise et la participation forfaitaire sont supprimées : elles restent dues même en ALD ;
  • Attendre que la maladie soit avancée : la demande peut être faite dès le diagnostic confirmé ;
  • Ne pas renouveler à temps : un protocole expiré entraîne le retour automatique à 70 %.

Questions fréquentes

Peut-on être en ALD pour plusieurs maladies ?

Oui. Vous pouvez cumuler plusieurs ALD 30, ou ALD 30 + ALD 31. Chaque protocole liste les soins associés.

Mon employeur est-il informé de mon ALD ?

Non. Le secret médical s’applique. Seul le médecin-conseil et votre médecin traitant connaissent la nature de l’ALD. L’employeur ne reçoit que les arrêts de travail, sans mention de la pathologie.

Que se passe-t-il si je guéris ?

Si la pathologie est guérie, le médecin traitant signale la fin de l’ALD à la CPAM. Vous revenez au régime de droit commun à 70 %. Pour les cancers, le dispositif « suivi post-ALD » permet de conserver le 100 % pendant 5 ans.

L’ALD est-elle un handicap reconnu ?

Non. L’ALD est un dispositif purement médical et financier. La reconnaissance d’un handicap (RQTH, AAH) relève de la MDPH.

Combien coûte l’ALD à la collectivité ?

Les soins liés aux ALD représentent environ 60 % des dépenses totales de l’Assurance Maladie, soit près de 125 milliards d’euros par an. Les ALD concentrent les pathologies les plus lourdes.

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