ACRE 2026 : Aide à la création d'entreprise (exonération URSSAF)

L'ACRE permet aux créateurs et repreneurs d'entreprise de bénéficier d'une exonération de cotisations sociales la première année. Conditions, taux et démarches URSSAF.

Subventions et appels à projets Publié le 12 février 2026 Mis à jour le 15 mai 2026 10 min de lecture
À titre informatif. Les informations fournies sur cette page sont à titre d'orientation. Pour toute démarche officielle, référez-vous aux sites institutionnels cités en sources et, si besoin, à un professionnel.

Créer ou reprendre une entreprise représente un investissement important, particulièrement la première année où les charges sociales pèsent lourd alors que le chiffre d’affaires reste encore incertain. L’Aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE) est précisément conçue pour alléger ce démarrage. Instituée dès 1979 sous le nom d’ACCRE, elle prend la forme d’une exonération partielle de cotisations sociales durant les premiers mois d’activité. Voici un panorama complet du dispositif tel qu’il s’applique en 2026.

Qu’est-ce que l’ACRE ?

L’ACRE est une aide gérée par l’URSSAF qui consiste en une exonération partielle de cotisations sociales personnelles versées par le créateur ou le repreneur d’entreprise. Elle ne donne pas lieu à un versement d’argent, mais à une réduction de charges, ce qui revient mécaniquement à augmenter le revenu net du dirigeant durant la première année d’activité.

Le dispositif a connu plusieurs réformes successives. Entre 2019 et début 2020, il avait été universalisé (ouvert à tous les créateurs sans condition). Depuis le 1er janvier 2020, des critères d’éligibilité ont été rétablis, notamment pour les auto-entrepreneurs.

Qui peut bénéficier de l’ACRE ?

L’ACRE est ouverte aux personnes qui créent ou reprennent une activité économique, à condition d’en exercer effectivement le contrôle. Sont éligibles, à condition d’appartenir à l’une des catégories suivantes :

  • Les demandeurs d’emploi indemnisés par France Travail ;
  • Les demandeurs d’emploi non indemnisés inscrits depuis au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois ;
  • Les bénéficiaires du RSA, de l’ASS (allocation de solidarité spécifique) ou de l’AAH ;
  • Les jeunes de 18 à moins de 26 ans ;
  • Les jeunes de moins de 30 ans reconnus handicapés ou n’ayant pas acquis suffisamment de droits à l’assurance chômage ;
  • Les salariés ou personnes licenciées d’une entreprise en sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire qui en reprennent l’activité ;
  • Les personnes créant ou reprenant une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ;
  • Les bénéficiaires de la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) ;
  • Les travailleurs indépendants ne relevant pas du régime micro-social et qui créent ou reprennent une entreprise.

Le créateur doit en outre exercer le contrôle effectif de l’entreprise : détenir plus de 50 % du capital (seul ou en famille), ou diriger l’entreprise et détenir au moins un tiers du capital.

Quel est le niveau d’exonération ?

L’ampleur de l’exonération dépend du régime social du créateur. Deux cas principaux doivent être distingués.

Travailleurs indépendants « classiques »

Pour les entrepreneurs au régime réel (entreprise individuelle, gérant majoritaire de SARL, EURL…), l’exonération est totale ou partielle selon le niveau de revenu, pendant 12 mois :

Revenu professionnel annuelNiveau d’exonération
Inférieur ou égal à 75 % du PASSExonération totale
Entre 75 % et 100 % du PASSExonération dégressive
Supérieur ou égal à 100 % du PASSAucune exonération

Le PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale) s’élève à 47 100 € en 2026. L’exonération porte sur l’assurance maladie-maternité, les allocations familiales, l’assurance vieillesse de base, l’invalidité-décès. Elle ne couvre pas la CSG/CRDS, la retraite complémentaire, ni la contribution à la formation professionnelle.

Micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs)

Pour les micro-entrepreneurs, le dispositif a été profondément revu en 2020. L’exonération est désormais de 50 % des cotisations sociales pendant les quatre premiers trimestres civils d’activité, sous réserve que le chiffre d’affaires reste inférieur à certains seuils :

ActivitéTaux normalTaux ACRE (50 %)
Vente de marchandises (BIC)12,3 %6,2 %
Prestations de services artisanales/commerciales21,2 %10,6 %
Activités libérales (BNC)23,1 % ou 24,6 %11,6 % ou 12,3 %

Au-delà du quatrième trimestre, les taux normaux s’appliquent à nouveau.

Les démarches à effectuer

Auto-entrepreneurs : demande explicite obligatoire

Contrairement à une idée répandue, l’ACRE n’est pas attribuée automatiquement aux auto-entrepreneurs depuis 2020. Le créateur doit en faire la demande explicite à l’URSSAF dans un délai de 45 jours suivant la création de l’entreprise, en transmettant le formulaire dédié ainsi que les pièces justificatives prouvant l’appartenance à une catégorie éligible.

À défaut de demande dans ce délai, le bénéfice de l’ACRE est définitivement perdu.

Travailleurs indépendants classiques : automatique

Pour les autres entrepreneurs (entreprise individuelle au réel, gérants de société…), l’ACRE est en principe accordée automatiquement dès lors que les conditions d’éligibilité sont remplies au moment de l’immatriculation. L’URSSAF se charge de la mise en œuvre, mais il est prudent de vérifier sa prise en compte sur les premiers avis d’appel de cotisations.

Pièces justificatives à fournir

Selon votre situation, les justificatifs typiques incluent :

  • Justificatif d’inscription à France Travail ;
  • Attestation de versement du RSA, de l’ASS ou de l’AAH ;
  • Copie de la pièce d’identité (pour les jeunes de moins de 26 ans) ;
  • Document attestant de la localisation du siège en QPV ;
  • Notification de jugement (pour les reprises d’entreprises en difficulté).

Articulation avec les autres dispositifs

L’ACRE constitue souvent la première pierre d’un montage d’aides à la création. Plusieurs cumuls sont possibles, voire recommandés.

Avec l’ARE (allocation chômage)

Un demandeur d’emploi peut, dans certaines limites, continuer à percevoir son ARE en complément de revenus tirés de son activité créée. L’ACRE n’a aucun impact direct sur l’ARE : les deux dispositifs coexistent indépendamment.

Avec l’ARCE (aide à la reprise d’activité)

Le bénéficiaire peut choisir, en alternative au maintien de l’ARE, de toucher l’ARCE : versement en capital de 60 % des droits ARE restants, en deux temps. L’ACRE peut être cumulée avec l’ARCE.

Avec le NACRE

Le dispositif NACRE (nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise) consiste en un accompagnement personnalisé et un prêt à taux zéro. Il s’ajoute parfaitement à l’ACRE.

Avec les exonérations zonées

Pour une création dans une zone d’aide à finalité régionale (AFR), un quartier prioritaire (QPV) ou un bassin d’emploi à redynamiser (BER), des exonérations spécifiques peuvent compléter l’ACRE.

Durée et perte du bénéfice

L’ACRE est accordée pour une durée limitée : 12 mois pour les indépendants au réel, 4 trimestres pour les auto-entrepreneurs. Au-delà, les cotisations redeviennent intégralement dues.

Le bénéfice est perdu dans plusieurs hypothèses :

  • Dépassement des seuils de chiffre d’affaires applicables au régime micro ;
  • Cessation, transfert ou cession de l’entreprise ;
  • Découverte par l’URSSAF d’une absence d’éligibilité (fausse déclaration) ;
  • Pour les micro-entrepreneurs : non-respect du délai de demande de 45 jours.

Une deuxième ACRE n’est possible qu’après un délai de 3 ans depuis la fin de la première (sauf rares exceptions).

Erreurs courantes à éviter

  1. Croire que l’ACRE est automatique pour les auto-entrepreneurs : depuis 2020, elle est demandée explicitement dans les 45 jours.
  2. Oublier de joindre les justificatifs : un dossier incomplet est rejeté sans information complémentaire.
  3. Sous-estimer les cotisations restant dues : la CSG/CRDS, la formation professionnelle et la retraite complémentaire ne sont pas exonérées.
  4. Cumuler artificiellement plusieurs créations pour bénéficier de l’ACRE à plusieurs reprises : un délai de carence de 3 ans s’applique entre deux bénéfices.
  5. Ignorer le plafond de revenu pour les indépendants au réel : au-delà de 100 % du PASS, l’exonération est nulle, ce qui peut surprendre lors d’une montée en activité rapide.

Questions fréquentes

Mon conjoint peut-il aussi bénéficier de l’ACRE ?

Oui, si chacun crée sa propre entreprise et remplit les conditions individuellement. Le conjoint collaborateur d’une entreprise existante n’y a pas droit à ce titre.

Puis-je demander l’ACRE pour une activité secondaire ?

Oui, à condition que cette activité constitue bien une création ou une reprise d’entreprise et que vous remplissiez les conditions d’éligibilité au moment du démarrage.

Quel est l’impact sur ma future retraite ?

Les périodes d’exonération ACRE comptent intégralement pour la validation des trimestres de retraite de base, à condition d’avoir un revenu minimum (ou un chiffre d’affaires suffisant pour les micro-entrepreneurs).

L’ACRE est-elle imposable ?

L’ACRE n’est pas un revenu mais une réduction de charge. Elle n’a donc pas à être déclarée. Elle ne figure pas dans le revenu fiscal de référence.

Que se passe-t-il si je rate le délai de 45 jours ?

Le bénéfice est définitivement perdu pour cette création. Aucune régularisation a posteriori n’est admise par l’URSSAF.

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